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L'actualité du CRI

Découverte de la Low Tech dans l'innovation entrepreneuriale

Chez Collaborative Lab, nous portons la conviction que l’innovation peut prendre de nombreuses formes, et qu’elle doit permettre de faire émerger des solutions souhaitables et durables à des problématiques concrètes. Il est donc fréquent que nous mettions en avant des principes d’innovation différents des success stories d’innovation technologique et rupturiste. 

A ce titre, le sujet de la Low Tech nous semble être une voie intéressante à explorer dans le cadre d’une réflexion d’entreprise, à des fins d’ouverture d’esprit et de questionnement des pratiques courantes d’organisation.  

Sans plus attendre, nous vous proposons de partir ensemble à la découverte de ce domaine assez particulier de l’innovation. 


Introduction à la Low Tech : historique et définition


La Low Tech désigne la conception et l’usage d’une technologie à faible impact environnemental, économique et accessible à tous. Elle regroupe un ensemble de techniques, objets, services, systèmes, pratiques, modes de vie ou encore courants de pensées simples et à la portée de tous. 

La Low Tech intègre la technologie selon trois grands principes : 

  • Utilité et simplicité : Elle répond à des besoins essentiels à l’individu ou au collectif. Par son utilité, elle souhaite apporter des savoir-faire et des technologies pour permettre un meilleur accès à la santé, l’alimentation ou encore l’eau potable. Conçues de manière à être facilement comprises et utilisées par un large éventail de personnes, même sans formation technique approfondie. 

  • Durabilité : Elle est conçue pour être durable et avoir un faible impact sur l’environnement. Avec une approche respectueuse, elle souhaite revenir aux fondamentaux et à l’essentiel, en opposition au high-tech. 

  • Accessibilité : Elles utilisent des matériaux et des ressources disponibles localement, réduisant ainsi les coûts et les obstacles à l'adoption. 

Les premiers courants critiques à l’égard des nouvelles technologies ont émergé dans les années 60 avec la prise de conscience de la pollution engendrée par ces nouveaux objets du quotidien et de la réduction des ressources fossiles et minières. 

C'est seulement à partir des années 70 que le terme “Low Tech” est réellement identifié mais il a fallu attendre les crises environnementales et sociales des années 2000 pour que le concept trouve un nouveau souffle. En France, les concepts Low Tech ont été largement popularisées par l’ingénieur et spécialiste des ressources minérales Philippe Bihouix dans son ouvrage “L’âge des low tech” paru en 2014. 

Il y dénonce la croyance dans laquelle la technologie pourrait sauver la planète et alerte sur la menace que représente l’utilisation de ressources rares dans la conception de technologies devant pourtant favoriser le développement durable. 

La Low Tech n’est pas une démarche technophobe, mais technocritique. Autrement dit, même si elle s’oppose à l’obsession de la high-tech, celle-ci s’accorde du principe de techno-discernement. Elle lutte également contre l’obsolescence programmée.  

 

Au-delà de la vision centrée sur les produits, les impacts de la démarche Low Tech peuvent se visualiser sur des composantes sociétales et sociales, concernant des aspects de résilience collective et de transformation culturelle.  

 


 

Aujourd'hui, la démarche Low Tech a trouvé de nouveaux relais de diffusion, en intégrant les programmes pédagogiques d’établissements de l’enseignement supérieur tels que l’ICAM  ou l’IMT et grâce au travail du LOW TECH Lab , qui recensent, diffusent et accompagnent des initiatives dans le monde entier. 


Les avantages de la Low Tech pour un développement durable : économie d'énergie, réduction des déchets et inclusion sociale


Au-delà des pratiques de conception, la démarche Low Tech incite à interroger la pertinence d’une technologie particulière pour répondre à un besoin spécifique en utilisant une vue globale de son impact.  

Ainsi, la question de la consommation de ressources naturelles et d’énergie pour la fabrication, l’utilisation et la fin de vie d’un produit est un sujet qui est documenté par le biais des démarches d’Eco - Conception, et que les entreprises peuvent s’approprier grâce à des outils tels que l’Analyse du Cycle de Vie. Si ces principes sont proches de la démarche Low Tech, il est pourtant possible de s’interroger au-delà de cet aspect quantitatif, pour aller travailler sur des impacts plus sociétaux. 

A titre d’illustration, la notion de réparabilité des produits peut être envisagée sous l'angle de l’inclusion sociale : en documentant de façon claire et exploitable les opérations d’entretien et de maintenance, il est possible pour une entreprise de rallonger la vie de ses produits ou d’en favoriser le ré-usage. On peut ainsi percevoir dans ce cas un intérêt à la fois dans la réduction des déchets dû à la fin de vie du produit, mais également réduisant un impact bénéfique sur l’effort financier à fournir à l’achat. 

Pour aller plus loin sur l’impact sociétal de ce critère de réparabilité, il est intéressant de constater que certaine structures privées ou associatives créent de l’emploi et facilitent une inclusion sociale grâce à la mise en place de services de réparation, tels que la Fédération Envie ou la start-up nantaise Murfy 


Collaboration entre les initiatives Low Tech et les entreprises traditionnelles


Bien que les principes de la Low Tech puissent paraitre éloignés des pratiques et contraintes de entreprises traditionnelles, il existe plusieurs illustrations emblématiques de leur appropriation dans le cadre de produits et services existants et commercialisés :  

L’une des premières illustrations peut se trouver dans le monde de la téléphonie, plutôt perçu comme le terrain de jeu de l’innovation technologique : Le Fairphone. Ce smartphone a bénéficié d’une application des principes de la Low Tech tant sur les aspects matériels que logiciels.  

Réparable de façon autonome par l’utilisateur en utilisant des outils classique, fabriqué à partir de matière première extraites de façons équitables, les différentes versions de smartphones bénéficient également de la démarche Open Source de l’entreprise sur le développement et le maintien de la compatibilité des systèmes d’exploitation mobile. Ainsi, le Fairphone 2, commercialisé en 2015, était toujours compatible avec Android 10 en 2022. 




Une seconde illustration dans le monde alimentaire, les boulangers-torréfacteurs de Neoloco ont implémenté une production de pain et de café utilisant de façon complémentaire des fours solaires et des fours à bois en lieu et place des équipements conventionnels fonctionnant à l’électricité ou au gaz. La construction de l’activité a été rendue possible grâce à l’utilisation combinée d’appareils conçus et fabriqués par Lytefire (entreprise finlandaise mettant en œuvre un modèle économique hybride, basé sur la vente de produits finis ou de plan de constructions pour les utilisateurs finaux, ou de licences permettant l’exploitation commercial de leurs modèles) et d’une méthodologie de gestion de l’entreprise pilotée par le suivi du ratio entre économie d'énergie et surcout liée aux stocks. 




Une troisième illustration peut se trouver récemment dans le monde du commerce en ligne. Pour aider les particuliers à adopter des objets du quotidien basé sur la low-tech , la plate-forme  Lowreka a mis en place une chaine de valeur complète mettant en avant des produits Low Tech , évalués suivant un système de notation de l’impact sur la consommation de ressource, la biodiversité et la santé, ainsi que des préconisations d’usage. 




Perspectives : Comment la Low Tech peut façonner l'innovation et répondre aux défis économiques et environnementaux ? 


Notre contexte environnemental et climatique nous impose de travailler sur la réduction de nos consommations et sur l’impact de nos activités, que ce soit dans le cadre privé ou professionnel. 

Il est donc possible de penser que toutes les initiatives en faveur d’une conception, d’une production et d’une utilisation plus sobres des produits et services constitueront un avantage concurrentiel pour les entreprises afin de répondre aux besoins de consommateurs de plus en plus conscients de leur impact, et parfois démunis en termes de solutions. 

En ce sens, l’appropriation des principes de la Low Tech peut constituer un levier d’innovation pour les entreprises, concernant les produits ; les méthodes de conception ou les modèles économiques. 

Par exemple, la réflexion sur la durabilité de produit peut pousser l'émergence de modèles économiques différents, basés sur l’économie de la fonctionnalité et sur l’autonomisation des utilisateurs, amenant ainsi à nouer de nouvelles collaborations et à modifier le paysage entrepreneurial d’un territoire. 

Dans un autre registre, Le mise en œuvre de méthodes de conceptions prenant en compte l’impact global des produits, complétant des principes d’éco-conceptions basées sur l’analyse du cycle de vie et du calcul de l’empreinte carbone en intégrant évaluations d’impact sociaux peut amener de l’innovation dans les entreprises, en modifiant les organisations et les méthodes de travail. 


En conclusion de cette exploration, nous espérons avoir réussi à clarifier quelques notions sur la démarche Low Tech et son intérêt pour l’innovation au service des entreprises, et nous serons ravis de voir éclore de nouveaux projets sur ce thème.

 

Maxime BERNARD 

Collaborative Lab 


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